New Sculptures
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Thomas Kiesewetter

New Sculptures

29.01.26 → 14.03.26

Beside Appearances, Among Ghosts

 

“Just as I sometimes dream at night, I am assailed during the day by impressions that I hasten to seize. They must be given real contours ; thus I construct […]”  [1]

To encounter a sculpture by Thomas Kiesewetter—to confront it, to walk around it—is to see one’s imagination carried beyond the confines of the real. It is to be invited to a local fairground, to a vast formal game of pursuit. One faces an object fixed in its movement, an object that exists only in and through itself: a pure play of forms and motions. A play of consciousness. [2]

Sculpture is said to suggest movement. Kiesewetter suggests nothing. He constructs movement itself—real, living movement—and holds it. His sculptures signify nothing; they refer to nothing beyond themselves. They are. That is all. They are absolutes.

Their tensions, their forms, their complex combinations escape rational determination. Even when we persist in imposing upon them a symbolism or a recognisable form, they elude us and seem to murmur, in the hollow of our ear: I am free. 

For each work, Kiesewetter establishes a general destiny of forms, then abandons it to itself. Thus the object remains perpetually suspended between the servitude of the statue and the independence of the gesture. Each of its transformations arises from the instant. One recognizes the theme set by the artist, yet the work embroiders upon it countless singular variations. It is a jazz improvisation—unique and ephemeral, like the sky, like the morning; if one has missed it, it is lost forever.

Valéry said of the sea that it is always beginning again. A work by Kiesewetter resembles the sea and fascinates in the same way: always beginning again, always new. One does not glance at it in passing; one must live it, abandon oneself to it. Then the imagination rejoices in these pure forms in exchange, at once free and regulated.These sculptures possess a profound meaning, almost metaphysical in nature. They are strange beings, poised halfway between matter and life.

At moments their contours appear purposeful; at the next instant, they seem to have lost their guiding idea and to wander astray.Thomas Kiesewetter composes scales and chords of movement hitherto unknown—lyrical inventions at once technical and almost mathematical—of which one never knows whether they result from the blind succession of causes and effects or from the timid, endlessly delayed, interrupted, traversed development of an Idea.

[1] Maurice Sendak
[2] Starting from this sentence, the text by Jean-Paul Sartre / Alexander Calder, Mobiles, Stabiles, Constellations (1946), is entirely freely paraphrased, with cuts and adaptations.











À côté des apparences, auprès des Fantômes

« Tout comme il m’arrive de rêver la nuit, je suis assailli le jour par des impressions que je m’empresse de saisir. Il faut leur donner des contours réels et je construis alors […] » 
Rencontrer une sculpture de Thomas Kiesewetter, lui faire face, tourner autour d’elle, c’est embarquer son imaginaire hors des confins du réel. C’est être convié.e à une fête foraine locale, à un vaste jeu de piste formel. On affronte un objet fixé dans son mouvement, un objet qui n’existe que par et pour lui-même : pur jeu de formes et de mouvements. Un Jeu d’esprit. 
[2] - On dit volontiers que la sculpture suggère le mouvement. Kiesewetter ne suggère rien. Il construit le mouvement lui-même — un mouvement réel, vivant — et le façonne. Ses sculptures ne signifient rien ; elles ne renvoient à rien d’autre qu’à elles-mêmes. Elles sont. Voilà tout. Ce sont des absolus.
Leurs tensions, leurs formes, leurs combinaisons complexes échappent à toute détermination rationnelle. Même lorsque nous nous obstinons à leur imposer un symbolisme ou une figure reconnaissable, elles se dérobent et semblent murmurer, au creux de l’oreille : je suis libre.
Pour chaque œuvre, Kiesewetter institue une destinée générale des formes, puis l’abandonne à elle-même. Ainsi l’objet demeure perpétuellement suspendu entre la servitude de la statue et l’indépendance du geste. Chacune de ses évolutions est une inspiration du moment ; on y discerne le thème composé par son auteur, mais il brode dessus mille variations personnelles ; c’est une improvisation de jazz, unique et éphémère, comme le ciel, comme le matin ; si vous l’avez manqué, vous l’avez perdu pour toujours. 
De la mer, Valéry disait qu’elle est toujours recommencée. Un objet de Kiesewetter est pareil à la mer et envoûtant comme elle : toujours recommencé, toujours neuf. Il ne s’agit pas d’y jeter un coup d’œil en passant ; il le faut vivre et s’y abandonner. Alors l’imagination se réjouit de ces formes pures qui s’échangent, à la fois libres et réglées.

Ces sculptures possèdent un sens profond, presque métaphysique. Ce sont des êtres étranges, en équilibre à mi-chemin entre la matière et la vie. Par instants, leurs contours paraissent finalisés ; l’instant d’après, ils semblent avoir perdu leur idée directrice et errer à l’aveugle.
Thomas Kiesewetter créer des gammes et des accords de mouvements inconnus, à la fois inventions lyriques, combinaisons techniques, presque mathématiques, dont on ne sait jamais s’ils procèdent de la succession aveugle des causes et des effets ou du développement timide, indéfiniment différé, interrompu, traversé, d’une Idée.

[1] Maurice Sendak
[2] à partir de cette phrase, le texte de Jean-Paul Sartre / Alexander Calder : Mobiles, Stabiles, Constellations, 1946 est entièrement librement paraphrasé avec des coupes et des adaptations.